
L'imagerie médicale moderne et notamment les scanners 3D sont de plus en plus utilisés pour l'étude anthropologique et paléopathologique des momies. O'Brien et Coll (International Journal of Osteoarchaeology 2009; 19: 90–98) ont analysé 31 articles contenant des études scannographiques de momies publiés de 1979 à 2005. Ils ont établi une grille d'analyse intégrant à la fois la formation technique des auteurs (radiologues ou non), des critères méthodologiques et le contenu scientifique (résultats et conclusions) des articles. Ils relèvent notamment l'absence de radiologues parmi les signataires des articles 26% des cas. Les

Les conclusions des articles font appel aux données scannographiques dans 84% des cas mais sans que cela concorde nécessairement avec les buts initiaux de l'étude (36%) et apporte des réponses précises à un questionnement préalable (32%). En appliquant un système d'évaluation du contenu scientifique, les auteurs estiment que les conclusions proposées reposent sur un argumentaire scientifique faible dans 61% des cas.
Les auteurs concluent à la nécessité que les études scannographiques des momies soient réalisées avec une problématique et des hypothèses clairement établies au préalable. Ils proposent que soient définis des protocoles d'étude avec des scanners corps entiers suivis d'études focales d'organes selon des protocoles adaptés. Les équipes, enfin, doivent associer aux anthropologues et paléopathologistes des radiologues dont certains peuvent avoir notamment une compétence particulière dans l'imagerie musculo-squelettique, ce qui est le cas d'au moins un des auteurs de l'article, le Pr RK Chhem.